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Quand Néon vient assister aux ateliers que j’anime pour le Cabinet de Curiosité Féminine

Masturbation, ceinture de chasteté, brosse à dents électrique : j’ai participé à un atelier sur le plaisir solitaire féminin

Le cabinet de curiosité féminine organise régulièrement divers ateliers autour des sexualités. J’ai participé à l’un de ces événements sur le plaisir solitaire féminin.

Quand j’étais en troisième, des mecs de ma classe m’ont tannée pour que je réponde à une de leur question : “Est ce que tu te masturbes?”, lasse de les écouter me balancer cette question intime et pas vraiment pertinente, j’ai répondu “oui, j’me met des doigts”. J’avais envie de les provoquer, mais surtout je ne comprenais pas pourquoi c’était un acte tabou pour les filles, alors que les mecs parlaient branlette sous toutes ses formes et couleurs depuis la sixième. J’avais vu plus de types sortir leur kiki en pleine rue pour se branler sous leurs longs imper beiges, qu’entendu de filles me parler de masturbation féminine. Leur dire ça, c’était un acte de rébellion, d’accession vers la liberté.

Pauvre de moi, on m’a insultée jusqu’à la fin de mon année de troisième. 10 ans après, le regard sur la masturbation a évolué, il reste pourtant de nombreux tabous autour de la sexualité féminine. Preuve en est : un acte sexuel se termine bien trop souvent par l’éjaculation masculine. Prise d’un ras le bol de la fouf, j’ai décidé de rejoindre le cabinet de curiosité le temps d’un atelier sur le plaisir solitaire féminin, pour échanger avec d’autres femmes sur la façon dont on s’accorde avec nos corps et nos désirs.

Ce besoin de se retrouver entre meufs, et de faire tomber les masques 

J’arrive à 19h30 aux dessous d’Orphée, un lieu qui soutient le cabinet de curiosité féminine. C’est Claire, sexologue, thérapeute, qui m’accueille. Elle me propose de me servir un jus de fruit et de rejoindre les autres femmes qui sont déjà arrivées. Des canapés vieillis par le temps reposent contre les murs bleu roi. Dans le fond de la pièce une micro-scène avec un piano. Je me croirais dans un bar d’une autre époque.

Nous nous installons toutes autour de petites tables sur lesquelles sont déposés des amuses-gueules. Nous sommes collées les unes aux autres, ça resserre les liens. A côté de moi il y a Hélène, 18 ans, à la limite de la rupture avec son copain, et Catherine, la soixantaine, cheveux grisonnants et petites lunettes rondes. Juste en face il y a  Clara, 25 ans, qui est venue accompagnée de ses deux copines. Le trio se décrit comme des femmes libres et décomplexées.

Claire nous propose dans un premier temps de nous présenter. Chacune notre tour, on doit dire notre prénom (ou notre pseudo), deux choses que l’on aime, comment on se sent, et les raisons de notre venue. Certaines sont là sur les conseils d’une amie, d’autres parce qu’elles étaient présentes sur d’autres ateliers. Julie, une trentenaire aux long cheveux blonds est venue parce qu’elle se pose des questions : “J’ai l’impression qu’il y a des dysfonctionnements dans mon corps, et j’ai besoin d’en parler avec vous”.

Masturbation signifie se souiller avec les mains

Une fois la pression redescendue et quelques questionnements perso échangés les unes avec les autres, Claire nous propose une petite revue historique de la masturbation, qui fait partie du plaisir solitaire féminin. C’est au XVIIè siècle qu’apparaît une première version du mot masturbation : on l’appelait la “manustrupation”, issu de “manus” : la main, et “strupatio” : souiller. Jusqu’à présent plutôt bien acceptée, voir encouragée pour « favoriser » la procréation, la masturbation devient dès le XVIIIè siècle un péché qui a la réputation de “rendre les gens secs comme des raisins”. Les femmes qui se masturbent sont considérées comme trop masculines. Elles sont soumises à la camisole de force, au port de culotte de chasteté, voire à l’ablation du clitoris.

La médecine se rend finalement compte des “bienfaits” de la masturbation, et de l’atteinte de l’orgasme pour soigner ce que le corps médical appelle à l’époque « l’hystérie ». Les médecins et infirmiers s’occupent d’abord d’apaiser les « crises » des femmes avec leurs doigts. Pour palier aux courbatures de l’avant bras, le vibromasseur est finalement inventé.

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Qu’est ce que la « sur-connexion » sexuelle? Mes réponses pour Le Bonbon

Sommes-nous tous en proie à la sur-connexion sexuelle ?

© Getty Images
On en a fait du chemin depuis ce bon vieux Chatroulette. Je souhaiterais dédicacer cet article à ma grand-mère qui, si elle me lit, doit être bien contente d’être née en 1948. Casques VR, poupées plus vraies que nature et hologrammes : bienvenue dans le monde merveilleux du sexe 3.0.

Si on est de toute évidence déjà sur-connectés les uns aux autres (la preuve, vous avez déjà taggué deux potes sur cet article sans même l’avoir encore lu), l’omniprésence du sexe est en train de furieusement envahir l’Europe. Pourquoi l’Europe et pas ailleurs ? Parce qu’on est à la traine pardi ! Vous saviez qu’à Tokyo, le premier cybercafé porno en réalité virtuelle (un sex shop dédié à la VR autrement dit) avait ouvert ses portes en 2016 ? 

Sachez néanmoins que la sur-connexion sexuelle ne commence pas lorsque vous vous procurez votre premier Occulus Rift, non. Les racines du phénomène sont déjà dans votre téléphone puisqu’elles résident dans toutes les applications et sites de rencontre. On vous rassure, il ne suffit pas d’être complètement graphomane sur les réseaux pour être sur-connecté. Quoique.

Pour nous éclairer un peu sur la partie empirique de ce terme, nous avons contacté Claire Alquier, sexologue et thérapeute de couple. Elle distingue deux versants complémentaires de la sur-connexion sexuelle : d’un côté les applications et sites de rencontre, de l’autre le matériel technologique qui, lui, fait davantage appel aux sens. Explications.


Toi, moi et nos téléphones

On vous le disait l’année dernière dans cet article, s’il y a bien quelque chose qui risque de mettre un sacré coup à votre couple, ce sont les réseaux sociaux. Nous sommes présents et connectés à chaque instant. Si vous êtes célibataire, les plateformes de rencontre en ligne sont peut-être devenues la bouée de sauvetage de quelques-unes de vos soirées en solo.

Claire Alquier voit d’un bon œil les applications et sites de rencontre. Pour elle, la différence est précieuse et ces sites permettent de rencontrer une personne que l’on aurait sans doute loupée dans la vraie vie. Pour elle, le vice s’installe lorsqu’on commence à surfer sur les sites « de niche » (pour ceux qui sont pro gluten, plus chia que quinoa, plutôt chats que chiens, plutôt ronds-points que carrefours, etc.) « comme s’il fallait que l’on s’isole « entre pairs »»,déplore-t-elle.

Autre effet pervers de la sur-connexion sur les applis de rencontre : la facilité de nexter et la non-satisfaction qui en découle. Il y a toujours le choix, et surtout, il nous semble qu’il y a toujours mieux. Cette obsession, cette quête constante, épuise nos facultés d’attachement autant qu’elle enrichit les concepteurs d’appli de rencontre et révèle surtout une peur de la solitude et du vide, alimentée par une réalité parfois (souvent ?) déceptive.

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